Spiruline, complement alimentaire naturel, sport et nutrition

vendredi, avril 30 2010

Eviter les crampes

Les crampes et les courbatures sont deux types de manifestations  musculaires douloureuses sans gravité, qui apparaissent pour différentes raisons lorsqu'un muscle ou un groupe de muscles a été sollicité de manière intensive. Le sportif redoute leur survenue car elles affectent ses performances.

Une crampe est une contraction involontaire des muscles striés, intense et douloureuse, qui dure généralement quelques minutes avant de régresser spontanément. Elle est causée par un ensemble de facteurs dont la fatigue, la déchloruration par déshydratation et l'effet de substances toxiques sur les muscles ou les moto-neurones qui les commandent.
Les crampes cèdent au massage et à la chaleur (ordinaire), ainsi qu'à l'étirement (stretching).

Les courbatures se manifestent par une sensation douloureuse des muscles, dues le plus souvent à une sollicitation excessive de ces derniers surtout chez la personne peu entraînée. Les courbatures apparaissent après l'effort physique, généralement 12 à 24 heures, voire 48 heures après celui-ci et disparaissent en 2 à 3 jours. On les attribue communément à un excès d'acide lactique ou encore à des micro-lésions musculaires qui provoquent une inflammation locale. Les courbatures cèdent au repos et à une reprise d'activité physique modérée (léger footing par exemple).

Echauffement, étirements, entraînement, respect des besoins de repos et notamment de sommeil, hydratation et alimentation équilibrée et variée (donc suffisamment riche en macro et micronutriments) permettent de limiter l'apparition des crampes et courbatures. Au contraire, un excès d'apport en protéines ou un régime basses calories peuvent augmenter l'incidence de ces accidents musculaires.

Certains nutriments jouent un rôle essentiel pour assurer la fourniture d'énergie indispensable à la contraction musculaire, sous forme d'adénosine-triphosphate (ATP) et limiter l'apparition de microlésions musculaires :

Les glucides (glycogène musculaire ou glucose sanguin) sont la première source d'énergie, suivis par les acides gras qui sont utilisés lorsque les réserves de glucose deviennent insuffisantes. De petites quantités d'acides aminés ramifiés sont également utilisées à partir des tissus musculaires.

Sachant que le taux de synthèse d'ATP à partir des glucides est deux fois plus élevé que celui obtenu à partir des acides gras, on conçoit l'intérêt que présente une réserve glycogénique optimisée. L'accroissement du glycogène est favorisé par l'entraînement d'endurance, lequel augmente dans le même temps l'efficacité du métabolisme des acides gras. L'entraînement permet ainsi de minimiser les risques d'apparition de crampes tandis que les mesures diététiques participent à la reconstruction et à l'augmentation des stocks de glycogène. Au cours de l'effort physique, les pertes en eau et en glucose doivent être compensées pour retarder l'apparition de la fatigue, à raison d'environ 250 ml par demi-heure ou 120 ml toutes les dix minutes d'une eau sucrée à 5% de glucose (et contenant par ailleurs 0,1% de chlorure de sodium et de potassium).

En ce qui concerne les pertes minérales (sodium, potassium, calcium, magnésium) au travers de la sueur, la communauté scientifique ne semble pas leur accorder un rôle significatif dans l'apparition des crampes. Certaines études ont montré toutefois que les crampes survenant chez des joueurs de tennis soumis à une température ambiante élevée disparaissaient lorsqu'on instaurait une supplémentation en sodium, témoignant par là même de l'impact de la déplétion sodée sur la survenue de crampes liées à la chaleur. Bien entendu, les réserves de sodium sont généralement largement suffisantes compte tenu des quantités de chlorure de sodium fournies par notre alimentation. Une supplémentation en sodium est de ce fait totalement déconseillée en dehors d'exercices très prolongés réalisés par une température ambiante élevée (les pertes sudorales étant alors particulièrement importantes). Les boissons habituelles du sportif seront donc suffisantes pour fournir le sodium dont le corps a besoin.

Le calcium joue pour sa part un rôle prépondérant au niveau de la production par les synapses des neurotransmetteurs agissant sur la contraction et la relaxation musculaire. Le calcium est également indispensable à la conversion du glycogène en glucose-6-P, forme métaboliquement utilisable du glucose. Et c'est encore le calcium qui permet l'activation de l'enzyme adénosine-triphosphatase (ATP-ase) permettant l'hydrolyse de l'ATP ! Une insuffisance d'apport calcique ainsi qu'un déséquilibre entre les apports de calcium et de magnésium peut donc être une des causes à la survenue de crampes. Les apports conseillés sont, chez le sportif, de 1500 mg de calcium par jour et 750 mg de magnésium, ces deux éléments étant en compétition au niveau de l'absorption.
Il est à noter que le magnésium intervient directement dans la contraction musculaire mais qu'il participe aussi activement à la construction des réserves de glycogène.

Par ailleurs l'insuffisance de potassium dans les tissus est également une cause de crampes, la compensation des pertes potassiques s'impose donc en cas d'exercice intense se prolongeant plus de 3 heures, surtout si l'athlète est insuffisamment entraîné, son organisme étant alors moins tolérant face à ce déséquilibre électrolytique. La meilleure façon d'apporter à son organisme le potassium dont il a besoin est de manger suffisamment de fruits et légumes frais et secs, plutôt que de faire appel à la supplémentation sous forme médicamenteuse...

Un taux insuffisant de vitamine E (dont l'activité antioxydante permet de lutter contre les radicaux libres qui endommagent les sarcolemmes et sont responsables des microlésions musculaires) semble également favoriser l'apparition de crampes et courbatures. On veillera donc à consommer des lipides de bonne qualité, qui soient dans le même temps de bonnes sources de vitamine E. La consommation régulière de germes de blé est recommandée.
Enfin, la vitamine B6 qui intervient dans la dégradation du glycogène et aide à retenir le magnésium dans l'organisme, participe également à la prévention des crampes.


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mardi, avril 27 2010

Les carences des sportifs

Quelles sont les principales carences nutritionnelles dues à la pratique sportive ?

Une alimentation saine et variée permet normalement l'apport complet des nutriments essentiels à la santé et à la bonne forme physique et mentale.

Une baisse des apports

Cependant, dans la réalité, de nombreux facteurs, liés à notre mode de vie moderne, appauvrissent la qualité de notre alimentation. Paradoxalement, alors que nous vivons dans une société d'abondance, la qualité nutritionnelle des aliments consommés baisse. Les produits à densité micronutritionnelle basse (contenant moins de vitamines, de minéraux et d’oligo-éléments) mais à densité calorique élevée (produits sucrés, salés, gras, industriels et raffinés) ont pris petit à petit, place dans l'assiette, au détriment des produits naturels et riches nutritionellement. Voir à ce sujet la conclusion du rapport du CERIN : les français sont-ils carencés ? (PDF)

Des besoins supplémentaires

Ajouter à tout cela, le sportif doit en plus faire attention aux risques de carences dues à sa pratique sportive. En effet, lors des entraînements ou des compétitions, l'organisme consomme une quantité supérieure en nutriment.

  • En fer : les scientifiques affirment que l'entraînement physique est à l'origine de besoins supplémentaires en fer qui dépassent souvent les apports. Les femmes et les végétariens sont des populations encore plus sujettes aux risques de carence. Voir à ce sujet, le fer, l'oligo-élément essentiel du sportif .
  • En magnésium : les athlètes s'entraînant régulièrement présentent fréquemment une magnésémie plus basse que les sédentaires. Sur le plan de la performance, cela se traduit par une endurence diminuée, un temps de récupération augmentée et une capacité à sprinter diminuée. Voir aussi le rôle du magnésium pour éviter les crampes.
  • En manganèse : l'activité physique prolongée augmente significativement les pertes en manganèse (Nasolodin V., 1993). Un apport de manganèse, associé à du cuivre et du zinc, présente un effet favorable sur les capacités de l'athlète, notamment en ce qui concerne l'hématopoièse et l'activité des catalases (Vlasenko K., 1980).
  • En sélénium : l'activité sportive présente des effets péroxydants importants qui doivent être efficacement combattus par la glutathion péroxydase. Il semble opportun de proposer aux sportifs soumis à des pressions oxydatives importantes (triathlon, marathon), des apports complémentaires en vitamine E, C et en sélénium.
  • En zinc : la pratique régulière et intensive d'un exercice physique est responsable d'une diminution du zinc plasmique (majoration de la perte de zinc, au niveau de l'urine de la sueur ou des selles)
  • En potassium : les pertes au cours d’un effort sont variables et dépendent de la durée de votre activité et des conditions thermiques. Le potassium ne s’échappe pas dans la sueur mais essentiellement dans les urines. Voir : crampe musculaire : l'importance du potassium
  • En sodium : en cas d'effort physique intense, surtout en ambiance chaude ou lors de la pratique d'un sport d'endurance, les pertes en sel peuvent conduire à une carence sodée se manifestant par des pertes de connaissance, des crampes, de l'insomnie et une déshydratation.
Sources :
Nutrition et performances sportives, de William McArdle, Frank I. Katch, Victor L. Katch, Nathalie Rieth, Jean-Paul Dehaye, De Boeck Université, 2004
Biochimie et nutrition des activités physiques et sportives, de Paul Pilardeau, Masson, 1995
Riche D., Pratique sportive et oligoéléments : conséquences nutritionnelles, Science & sports, 1996

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